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Cisjordanie : une autre déclaration hypocrite du Canada

Communiqué de presse: pour diffusion immédiate

Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal, le 27 mai 2026. Les dirigeants du Canada et de huit autres pays (Allemagne, Australie, France, Italie, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pays-Bas et Royaume-Uni) ont émis, le 22 mai, une déclaration commune «sur la situation en Cisjordanie». Il s’agit d’une nouvelle prise de position de façade invoquant le droit international, mais ne faisant que des demandes très limitées à Israël et, surtout, sans sanctions significatives permettant d’espérer un quelconque changement des politiques israéliennes.

Après les déclarations du 21 juillet 2025 (26 signataires), du 21 août (26 signataires) et du 25 décembre dernier (15 signataires), la déclaration du 22 mai est centrée sur le projet de colonie E1 qui «diviserait la Cisjordanie en deux et constituerait une grave violation du droit international», ce qui est indéniable. Elle affirme clairement que «les colonies israéliennes en Cisjordanie sont illégales», mais elle ne demande pas leur démantèlement dans les plus brefs délais tel que stipulé dans l’avis consultatif historique du 19 juillet 2024 de la Cour internationale de justice (CIJ). Elle se limite plutôt à exhorter Israël à renoncer à créer de nouvelles colonies. De la même manière, elle indique que les entreprises «ne devraient pas répondre aux appels d’offres relatifs à des projets de construction dans la zone E1», au lieu de leur signifier que toute activité économique de leur part — contribuant à la création, mais aussi au maintien et à l’expansion des colonies des colonies existantes — devrait cesser sous peine de sanctions.

Le 20 janvier dernier, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a prononcé à Davos un discours qui a impressionné le gratin mondial qui s’y réunit chaque année, et aussi une bonne partie de la population canadienne. Il y invitait les puissances intermédiaires, dont le Canada à «s’unir pour créer une troisième voie qui aura du poids». Il les invitait à «vivre dans la vérité», à «nommer la réalité» et à «agir de manière cohérente». Autant de belles paroles qui sont aux antipodes de cette nouvelle déclaration commune.

Si le Canada et ses acolytes occidentaux veulent nommer la réalité, avec deux ans et demi de retard, ils devraient nommer le génocide qui est toujours en cours à Gaza. Ils devraient agir de manière cohérente en mettant immédiatement en œuvre un maximum de sanctions sévères contre l’État d’Israël pour s’acquitter de leur responsabilité en vertu de la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide. Et ils devraient s’associer à la voie ouverte par l’Afrique du Sud devant la CIJ pour en finir avec l’impunité israélienne.

Sans y faire référence dans leur dernière déclaration commune, plusieurs des pays signataires se sont récemment indignés, à juste titre, des mauvais traitements infligés à leurs ressortissant.es, kidnappés illégalement par Israël dans les eaux internationales alors qu’il.elles participaient aux flottilles Global Sumud et Freedom Flottilla. Mais ils restent silencieux face aux milliers de prisonniers palestiniens qui sont systématiquement soumis à la torture, comme l’ont encore récemment souligné la rapporteuse spéciale de Nations Unies pour la Palestine, Francesca Albanese, et l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem.

Le Canada et ses acolytes occidentaux ne pourront créer «une troisième voie qui aura du poids» sur la question palestinienne et agir «en faveur d’une paix globale, juste et durable» tant et aussi longtemps qu’ils demeureront complices des crimes d’Israël.

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Citations :

«L’impunité d’Israël, qui viole explicitement le droit international, repose sur l’inaction des États occidentaux.»

– Diane Lamoureux, porte-parole, Coalition du Québec URGENCE Palestine

«La déclaration commune du Canada et des huit autres pays signataires est tout aussi hypocrite qu’inutile : ils savent très bien que leur sempiternelle réaffirmation de “soutien indéfectible” à une solution à deux États est sans effet, d’autant plus que leurs politiques et les activités de leurs entreprises continuent de contribuer aux crimes d’Israël contre le peuple palestinien.»

– Raymond Legault, porte-parole, Coalition du Québec URGENCE Palestine

Pour entrevue avec un.e porte-parole de la Coalition : 514-919-7249 (Martine Eloy)