La section 207 du SFPQ adopte une position en faveur du désinvestissement
Le 20 novembre dernier, en réunion du conseil des délégué⸱es, la section 207 du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) a adopté une résolution en faveur du désengagement immédiat de la Caisse de dépôt et placement du Québec des entreprises identifiées comme complices du génocide, de l’occupation et de la colonisation israéliennes des territoires palestiniens, et de mettre en œuvre un processus transparent de contrôle afin de garantir qu’aucune entreprise dans laquelle elle investira à l’avenir ne soit associée à des violations des droits humains et du droit international.
Ces placements de quelque 27,4 milliards sont faits avec l’argent des travailleuses et travailleurs, le fonds d’investissement de la CDPQ étant composé entre autres par les cotisations au régime de retraite du secteur public (RREGOP), au Régime des rentes du Québec (RRQ) et à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).
La section 207, qui représente essentiellement l’ensemble des fonctionnaires du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale sur l’Île de Montréal, demande ainsi à la direction nationale du syndicat de mandater ses représentants au Comité de retraite et au Comité de placement du RREGOP, ainsi qu’à ses représentants au Conseil d’administration de Retraite Québec de porter au sein de ces instances les demandes de désinvestissement susmentionnées. Elle invite également l’ensemble des organisations syndicales à prendre une position semblable et à diffuser, partout où c’est possible, un refus catégorique de toute forme de complicité avec un État génocidaire.
On rappelle les positions historiques du SFPQ en soutien aux droits du peuple palestinien, notamment par sa participation au sein de la Coalition du Québec URGENCEe Palestine. À la fin octobre, la direction nationale affichait notamment sur sa page Facebook un appel à la fermeture du bureau du Québec à Tel-Aviv, qualifiant Israël d’État criminel.
On souligne également que cette démarche a pour origine l’initiative d’un petit groupe de syndiqué⸱es mobilisés en faveur de la libération de la Palestine.
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TEXTE DE LA RÉSOLUTION
- Considérant que nos collègues de la section C-15 du SPGQ viennent d’adopter une position dans le même sens ;
- Considérant que l’occupation israélienne des Territoires palestiniens viole le droit international, la IVe Convention de Genève et la Résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU (2016) appelant à la fin des colonies ou exigeant « de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est » ;
- Considérant que le risque réel et imminent de génocide a été reconnu par la Cour internationale de justice, qu’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale a été émis contre le Premier ministre d’Israël et son ancien ministre de la Justice, qu’une commission d’enquête de l’ONU accuse Israël de commettre un génocide depuis 2023 et qu’un rapport de l’ONU accuse la Caisse de dépôts et placements (CDPQ) de participer à l’économie du génocide ;
- Considérant qu’Israël mène des offensives militaires en violation du droit international dans plusieurs pays voisins, comme le Liban, la Syrie et l’Iran ;
- Considérant l’appel de plus de 30 syndicats palestiniens à cesser d’armer Israël et à mettre fin à toute complicité avec ses crimes, dont le génocide à Gaza ;
- Considérant les liens économiques et politiques entre le Québec et Israël, notamment par la présence d’un bureau du Québec à Tel-Aviv ;
- Considérant qu’au 31 décembre 2024, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), gestionnaire de fonds de pension de travailleuses et travailleurs du Québec, a investi 27,4 milliards de dollars dans 76 entreprises liées à l’occupation, à la colonisation israélienne et au génocide du peuple palestinien ;
- Considérant que le Régime des rentes du Québec (RRQ) et la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), auxquels participent toutes les travailleuses et les travailleurs du Québec, constituent parmi les plus gros déposants de la CDPQ ;
- Considérant que le Régime de retraite du personnel employé du gouvernement et des organismes publics (RREGOP), qui gère notre fond de retraite, est le troisième plus important déposant de la CDPQ ;
Il est proposé que le SFPQ :
- Demande à la CDPQ de se désengager immédiatement des entreprises identifiées comme complices du génocide, de l’occupation et de la colonisation israéliennes des Territoires palestiniens, et de mettre en œuvre un processus transparent de contrôle afin de garantir qu’aucune entreprise dans laquelle elle investira à l’avenir ne soit associée à des violations des droits humains et du droit international ;
- Mandate ses représentants au Comité de retraite et au Comité de placement du RREGOP et à ses représentants au Conseil d’administration de Retraite Québec de porter au sein de ces instances les demandes de désinvestissement susmentionnées ;
- Demande à Québec de fermer immédiatement son bureau à Tel-Aviv, un bureau consacré au maintien et à l’intensification de liens économiques et politiques avec Israël ;
- Demande au Canada de mettre fin immédiatement à la vente de tout matériel militaire à Israël, incluant les composantes de ce matériel militaire, même si cela n’est pas transigé directement avec Israël ;
- Exerce une pression sur le RRQ et la CNESST pour que la CDPQ se désinvestisse des entreprises impliquées dans des violations des droits humains et du droit international en Palestine ;
- Invite l’ensemble du milieu syndical québécois à prendre une position semblable et à diffuser, partout où c’est possible, un refus catégorique de toute forme de complicité avec un État génocidaire et participe à la formation d’un mouvement élargi pour cet enjeu.
Il est proposé que la section 207 du SFPQ présente une motion en ce sens dans les instances régionales et nationales.



